Pluralisme, complexisme et unicisme

Quelques rappels/définitions générales avant tout

  1. unicisme: prescription et donc prise d’un seul médicament homéopathique.
  2. pluralisme: prescription de plusieurs médicaments homéopathiques. Le patient prend ces médicaments un par un, séparément, à intervalle défini.
  3. complexisme: prescription de plusieurs médicaments homéopathiques. Le patient prend ces médicaments en une seule fois puisqu’ils sont mélangés en solution.

Au risque de bousculer voire de choquer un peu certaines personnes sensibilisées à l’homéopathie voire même certain.es praticien.nes non uniciste, je me dois d’écrire cet article.
Je m’en excuse auprès d’elles si c’est le cas.

Ma démarche ici n’est surement pas de dénoncer ou dénigrer mais bien de préciser un peu plus fort pourquoi je suis uniciste et pourquoi il m’arrive aussi de prescrire des complexes homéopathiques dans ma pratique.

La formation que j’ai suivi au Centre Liégeois d’Homéopathie se veut rigoureuse, précise, documentée.

Entre autres choses, j’y ai appris l’Histoire de l’homéopathie, depuis sa génèse en 1796 par Hahnemann jusqu’à aujourd’hui.

L’homéopathie a beaucoup évolué en deux siècles et demi, plusieurs courants, méthodes dont le pluralisme et le complexisme entre autres ont vu le jour.

On pourrait également citer l’isopathie, les fleurs de Bach mais cela sera le sujet d’autres articles.

L’apprentissage de ces différentes méthodes, de ces différentes approches voire conceptualisations de l’homéopathie m’a permis de les comparer à l’unicisme et d’ancrer un peu plus le choix fort d’opter pour celui-ci.

Pour savoir pourquoi et comment on agit, consulte, réfléchit et prescrit, il faut savoir d’où on vient pour rester quoiqu’il arrive et en tout point sérieux et rigoureux.

Si vous lisez ou avez lu l’article « les principes fondamentaux de l’homéopathie », vous comprenez pourquoi je ne conçois rien d’autre (ou presque) que l’unicisme en homéopathie.

Qu’on soit uniciste, pluraliste ou complexiste, le but noble étant dans tous les cas de soulager le patient avec des médicaments sans effets secondaires, ce qui n’est pas rien!

Pour ce qui est de l’efficacité, je m’interroge tout de même.

Voilà pourquoi:

  • nous ne connaissons pas à l’heure actuelle le mécanisme d’action des médicaments homéopathiques.
    Ce dont on est sur et certain, c’est qu’ils n’agissent pas à la manière des médicaments allopathiques c’est à dire sur un mode cible-récepteur. Ils n’induisent pas de réaction (bio)chimique ciblée dans l’organisme.
    Pourquoi alors prescrire plusieurs médicaments, médicaments choisis un par un pour soulager chacun un ou plusieurs symptômes?
    Ce serait envisager que chacun de ces médicaments agirait précisément sur chaque symptôme ciblé à la façon des médicaments allopathiques.
  • nous suspectons fortement que les médicaments homéopathiques agissent par le transfert d’une information.
    Cette information serait portée par le substrat sur lequel ils sont fabriqués: l’eau. Nous devons cette hypothèse aux travaux récents du professeur Marc Henry et du projet Dyn’hom (étude ici) s’appuyant entre autres sur la physique quantique.
    Qu’en est-il alors du transfert de plusieurs informations en même temps (complexisme) ou plusieurs fois par jour (pluralisme), de leurs interférences entre elles et du bon traitement par l’organisme de ces multiples informations?
  • de nombreux patients sont soulagés par la prescription pluraliste ou complexiste d’homéopathie, c’est indéniable et heureux.
    Comment faire alors si le traitement montre des limites et que le patient rechute ou ne s’améliore plus?
    Ajouter d’autres médicaments à la liste parfois déjà longue?
    Y-a-t-il un médicament parmi cette liste qui dépasse les autres et explique le soulagement des symptômes?
    Si oui, lequel et comment assurer alors le suivi dans le temps sans naviguer à vue?
  • Certains patients ou propriétaires d’animaux s’essoufflent avec le temps en terme d’observance (prise correcte) des médicaments: trop à prendre, trop souvent, trop coûteux.

    Pour nuancer mon propos et parce que tout n’est jamais tout blanc ou tout noir, je dois aussi écrire que:
  • Les pluralistes sont des fins connaisseurs de la matière médicale des médicaments homéopathiques.
    Peu de personnes pratiquant l’homéopathie sont capables comme eux de citer par cœur des médicaments correspondant à des symptômes précis, rares, particuliers.
  • Je prescris parfois des complexes lorsque:
    • la consultation ne me donne pas assez de symptômes, physiques et/ou mentaux.
      Elle se termine vite me laissant avec un éventail trop large de médicaments.
    • malgré une consultation riche en symptômes je ne peux malheureusement pas choisir entre les quelques médicaments en tête de liste de ma recherche.
      Il me faut un peu plus de temps de réflexion et/ou d’études mais en attendant il me faut tout de même faire ce pourquoi je suis sollicité: soulager mon patient.

      C’est dans ce cadre là aussi qu’il m’arrive de prescrire des médicaments conventionnels.

      Primum non nocere, ne l’oublions jamais!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :